Ferme les yeux et dis-moi ce que tu vois...
Je vois... je vois des silhouettes noires, innombrables, aux contours indistincts, sur un fond d'or. Je vois des rêves oubliés et des espoirs envolés. Des utopies irradiant une lumière de paix et d'amour, des rires de cristal, des larmes de pluie, des robes de satin blanc virevoltant dans l'air du soir, des visages enfantins fendus de sourires rieurs, des fleurs aux éclats lumineux teintés de brume.
Je te vois aussi. Ta présence surclasse celle du reste. Je distingue le moindre détail de ta noble figure aux traits altiers. Le moindre détail de cette peau mate et douce. Le moindre détail de tes yeux océan et dont le centre se colore de beige telle une plage paradisiaque. Et tes lèvres, rouges, brillantes, sucrées. Je revois aussi, défilant à la vitesse du vent, tous ces instants subtilisés à notre destin, ces moments de bonheur intense semblables à des pieds de nez au sort. Ces baisers interdits au coin de notre rue pavée d'amour, le contact éphémère de nos mains se frôlant en une danse connue de nous seuls, ces étreintes fugaces dont je ressortais transformée par ta subtile magie. Je ressens aussi ce bonheur que tu m'as apportée. Vif, extrême, violent. Un amalgame détonant de liberté absolue et d'amour passionné. Un sentiment incomparable, que nul autre ne sera capable de m'apporter.
Un instant, je me perds dans ces contemplations nébuleuses. Puis, comme pour effacer ces réminiscences parfaites, un lit d'hôpital. Un monde de blanc. Des blouses blanches, des murs blancs, des sols blancs. Et ton corps, allongé, raide et rigide, dans ce lit. Un appareil, à côté, émet un long bip sonore en même temps qu'une ligne uniforme se trace sur un écran de contrôle. Je me rappelle de cette blessure à vif, de cette épée glacée qui me transperce le ventre, des perles bleues naissant au coin de mes yeux, roulant sur mes joues et mourant sur mes lèvres tremblantes. Ces lèvres que tu n'embrasserais plus. Mes cordes vocales revivent douloureusement les hurlements déchirants, les appels désespérés.
Et, enfin, pour terminer cette déferlante de souvenirs, l'ultime question : pourquoi ?
Je tiens à préciser que je ne suis pas la narratrice, mais je suis l'auteur [auteure ?].Nan, parce qu'il y en a qui n'avait pas compris ^^
PS pour deux personnes : je peux les avoir mes fleurs ? xD